Do you speak English ?

  Bien s’exprimer en société : mon Imput suite à feedback Hier, j’ai fait un test « Choisis tes persos de séries préférés par ordre alphabétique, on devinera quand t’es né(e) ». L’objet n’est pas ici de me justifier sur cette activité des plus dimensionnante pour mon développement personnel, mais de partager avec vous ma prise de conscience démesurée de qui je suis à la lecture du résultat : « T’es né(e) dans les années 60 ou 70, à l’instar de la série Ma sorcière bien-Aimée… c’est ça ? » Mais… noooooon ! Allons ! Je suis née en 1985, la même année que Keira Knightley et que Camille Lacourt ! Action. J’ai d’abord réagi. Suis allée mettre un peu de cette crème anti-rides qu’Yves Rocher m’offre à chacun de mes anniversaires. Réaction. Une fois, le minois gras, j’ai réfléchi. C’est vrai que j’aime le pot au feu et que je connais les chansons de Pierre Bachelet par cœur. Mais surtout, c’est vrai que parfois quand A. me parle de son boulot, je ne comprends rien… « Il faut que je prévoie un call ASAP pour parler slow business avec Nath. J’ai des collaborateurs en Brown out ». Il est tellement trendy A. ! Je dois être réaliste, j’ai 35 ans mais je ne suis pas à la page. Pierre Bachelet, j’en fais mon affaire. Pour les anglicismes d’entreprise, il faut que je m’immerge (syn. Que je m’y noie). Après tout, je suis de la génération Y, je suis une slasheuse ! Comme je suis, certes à la ramasse, mais très altruiste, je propose ici un partage de mon index bien dressé (mon répertoire de mots normalisés, pas mon doigt ndlr) : ASAP : « as soo as possible », signifie « le plus rapidement possible », signifie « je me grouille ». Benchmark : analyse de l’environnement concurrentiel d’une entreprise ou des meilleures pratiques autour d’un sujet donné : tu vas voir KommenKeLesOtresYfont. Blurring : capacité à équilibrer vie professionnelle et vie personnelle : Avoir un cookeo. Brainstorming : réflexion en groupe autour d’un sujet pour en dégager des idées : un Kamoulox géant ! Burn out : pathologie liée au mal-être au travail ; résulte d’une surcharge de travail qui devient ingérable et provoque un épuisement professionnel : « Je ne veux pas travailler-Je ne veux pas déjeuner-Je veux seulement oublier-Et puis je fume… ». Brown out : pathologie liée au mal-être au travail ; correspond à la perte de sens au travail, liée à une activité ne correspondant pas aux aspirations du salarié, à ses qualifications ou aux missions initialement prévues : ou le syndrome du stagiaire. Bore out : pathologie liée au mal-être au travail ; provoqué par un ennui au travail dont les causes peuvent être variées (charge de travail insuffisante, tâches répétitives, missions peu intéressantes, isolement) : « tu veux que je taille tes crayons ? ». Call, Conf-call : un appel téléphonique : Nan mais allo quoi ! Coworking : le fait d’utiliser un espace de travail partagé et d’encourager la création d’un réseau de professionnels : « Toi+Moi+Eux+Tous ceux qui le veulent… ». Corporate : adjectif utilisé pour désigner un employé très professionnel, dont l’attitude est en accord avec la culture de son entreprise : le …

On pose à l’ancienne ?

    A l’attention de Monsieur Didier Guillaume, Ministre de l’agriculture et de l’alimentation française. Monsieur le Ministre, C’est par la présente que je m’adresse à vous. Je ne suis pas sans savoir que la lutte contre la maltraitance animale est une priorité du Gouvernement. J’ai bien compris que votre politique réglementaire permet de mieux prendre en compte l’animal dans sa dimension d’être sensible. Sensible. Je me permets, avant d’aborder le sujet qui importe à la rédaction de cette lettre, de redéfinir ici cette notion si fondamentale, si caractérisante, si foncière, si infuse, si jolie et si chouette. Sensible, c’est l’adjectif qui qualifie un être capable de sentiment, apte à ressentir profondément les impressions. Maintenant, permettez-moi, je vous en conjure, d’exposer de mon mieux la dimension sensible de nos amis les canards, les moineaux et les poissons. Il n’est plus possible de laisser certains de nos compatriotes se laisser aller à de terribles séances de mise en avant buccale. Cela est plus que fortuit. Comprenez, Monsieur le ministre, qu’en tant que porte-parole officiel des StopAuxFaces, il est de mon devoir de vous alerter sur les conséquences universelles et dramatiques de la nouvelle tendance qui s’empare de nos réseaux sociaux : la fish gape. Nous avons connu la déferlante du duck face. Nos jeunes filles ont commencé à se selfier avec la bouche pincée tel un bec de canard. S’affichant alors sur les profils Facebook and Co, mais surtout sur leur CV. Doux Jésus… Nous avons connu la sparrow face. Pour rappel, il fallait avoir les yeux grands ouverts, la bouche pincée, comme pour la duck face, mais là elle était entrouverte. Et maintenant ? Ce sont les c*l de poisson – fish gape – que l’on nous impose. Pour votre propre culture, il s’agit d’entrouvrir la bouche en laissant apparaître quelques dents tout en creusant ses joues. Et ce avec l’objectif de donner à son visage un air plus mince. Mes yeux saignent depuis. Nous assistons manifestement à une prise d’otage de l’image de nos congénères canards, oiseaux, poissons. Que doivent-ils ressentir ? C’est bien là, la question.  Je m’offusque que personne ne s’en interroge. Ce sont pourtant des êtres délicats, raffinés et sensibles. Eux. Je vous demande, très solennellement, de prendre en considération cette réclamation. Merci de porter cette réflexion au sein de vos semblables bien-pensants et d’amender votre plan gouvernemental avec une 16ème nouvelle mesure. Qui serait celle d’interdire toute appropriation d’expression faciale d’ordre animal dans le but de se rendre…euh…populaire. Rendons à César, ce qui est à César. Veuillez agréer, sans ironie, Monsieur le ministre, mes salutations les plus anodines et informelles. Madame Pauline D.  

Taho et Lina

  Lundi, 8h30. Je pose mon sac sur mon bureau dos au tableau mais devant 35 étudiants qui font la gueule en braillant. Moi : « J’ai l’impression d’être à Taho et Lina… » Un étudiant en deuxième année de Master RH : « Madame c’est quoi Taho et Lina ? » Taho et Lina est un concept d’aire de jeux couvert pour enfants particulièrement pertinent pour tous parents habitant le nord de la France et souhaitant survivre à un dimanche venteux et pluvieux. D’ailleurs hier on était dimanche. Mon salon étant assailli de munitions de nerfs, de cartes Pokémon, de chaussures, de vêtements, les coussins transformés en cabane sur la table basse…nous n’avons eu pas le choix, A. et moi. On payera 30€ à attendre dans un capharnaüm sans nom que Riri, Fifi et Loulou s’épuisent.